Homélie de la messe d’adieu de Mgr Léonard le 6 décembre 2015

Au moment de prendre congé de vous, je pense pouvoir reprendre en toute vérité les mots de Paul aux Philippiens:« Dieu est témoin de mon attachement pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus.» Oui, j’ai beaucoup aimé vous rencontrer lors de mes visites pastorales dans vos doyennés et dans vos paroisses et en tant d’autres circonstances encore. Ce fut un grand bonheur pour moi de pouvoir vivre des moments si intenses avec vous. Et j’ai l’impression que ce fut aussi une joie pour vous. Et je peux poursuivre avec Paul encore:« Frères, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est toujours avec joie, à cause de ce que vous avez fait pour l’Évangile en communion avec moi, depuis le premier jour jusqu’à maintenant.» Et qu’avions-nous à faire ensemble pour l’Évangile sinon nous laisser aimer par l’amour premier de Jésus pour nous, chercher à l’aimer en retour, de tout notre cœur, et, dans le sillage de cet amour, aimer nos frères et sœurs, à commencer par les plus vulnérables. Tout cela est possible parce que l’amour de Dieu est entré dans l’histoire humaine et s’est invité au cœur de nos vies.

Quand j’étais enfant et entendais lire durant l’Avent l’évangile d’aujourd’hui, je m’émerveillais devant ces noms inconnus pour moi: Tibère, Lysanias, et cette géographie étrange: l’Iturée, la Traconitide et l’Abilène. Mais j’étais surtout impressionné par cette descente vertigineuse de la Parole de Dieu sur Jean-Baptiste, le Précurseur de Jésus, et cela à un moment précis de l’histoire, «l’an quinze du règne de l’empereur Tibère». Je pressentais ce qui allait m’éblouir plus tard et qui est la source de notre inébranlable espérance: oui, l’amour de Dieu est descendu des cieux, il est entré dans notre histoire et a frappé à la porte de